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L'Abbaye
et son Histoire
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Fondée au Xème siècle par Néel de Nehou, vicomte de St Sauveur,
l'abbaye fut construite à partir de 1067 par les Bénédictins de Jumièges.
De cette lointaine époque, l'église abbatiale conserve d'importants vestiges
dont le mur latéral sud qui présente de sobres et robustes arcades
en plein cintre, surmontées d'un élégant triforium aveugle.
La guerre de Cent Ans entraîne les premières ruines : Geoffroy d'Harcourt
céde son château aux Anglais et Jean Chandos, commandant des troupes du Roi d'Angleterre, fait raser partiellement l'abbaye, essentiellement le choeur. Les moines durent s'exiler.
Vers 1640, ils reviennent et entreprennent de rebâtir l'église
dans le style de l'époque.
Vendue comme bien national au temps de la Révolution,
l'église est livrée à la pioche des démolisseurs et sert de carrière.
En 1832, lorsque Marie-Madeleine Postel achete les ruines de l'abbaye
pour en faire la Maison-Mère de sa Congrégation,
il ne subsistait, en dehors des décombres de l'église et du logis abbatial
construit au XVIIIème siècle, que deux petites maisons sans étage,
à gauche de l'église, le porche monumental qui donne accès à l'abbaye
et la partie basse du bâtiment situé à l'entrée et qui,
soutenu par de puissants contreforts, servit longtemps de cellier et de remise.
La restauration commence alors, confiée pour une part à un artiste local,
architecte et sculpteur autodidacte, François Halley,
qui meurt sans avoir eule temps de terminer son oeuvre
et repose aujourd'hui dans le cimetière de Saint-Sauveur.
En 1842, le clocher, premier élément remis en état,
s'effondre sous les assauts d'une violente tempète,
entraînant avec lui le transept et les premières travées du choeur.
La Mère Fondatrice, âgée de 86 ans, décide alors de reconstruire l'édifice,
confiant à Soeur Placide le soin de trouver de l'argent.
A la mort de Mère Marie-Madeleine, en 1846,
Soeur Placide devient Supérieure Générale
et l'oeuvre s'achèvera en 1855 par la consécration de l'église.
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